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Jean-Claude Grumberg est un dramaturge né en 1939 à Paris. Son père est mort dans les camps d'extermination nazis et son oeuvre dramatique fait écho aux thèmes de la déportation des Juifs et de la Shoah. Mais il écrit aussi de petite pièces pour les enfants, comme Mange ta main.

 

 Mange ta main (résumé)

 Dans cette version théâtrale moderne, le petit Poucet épouse Marie-Léonie, la plus jeune fille de l'ogre et ils ont sept enfants, après quoi leur couple entre dans une période de crise. Alors ils se rendent chez une conseillère conjugale, Suzanne Zonzon.

Elle leur pose des questions. Pour les aider à se réconcilier, elle a besoin de connaître leurs enfances, de savoir comment ils se sont connus, s'ils ont des enfants.

Le petit Poucet raconte qu'il n'a pas eu une enfance heureuse: lui et ses frères ne mangeaient que des cailloux. Et puis un jour, ils se perdirent dans la forêt et en marchant arrivèrent à la maison de l'ogre. L'ogresse les cacha sous le saloir à viande. Alors qu'elle faisait manger ses filles, l'ogre rentra. Apeurée, Marie-Léonie fit tomber sa cuillère. En se penchant pour la ramasser, elle rencontra le regard du petit Poucet qui lui fit un clin d'oeil. Ainsi naquît leur amour.

Marie-Léonie, avant l'arrivée du petit Poucet, avait eu une enfance heureuse: elle et sa famille mangeaient de la chair humaine, des veaux, cochons de lait, agnelets, lapereaux, poussins, canetons. Elle et ses soeurs avaient aussi, parfois, connu la faim. Alors lorsqu'une d'entre elles disait:" Maman j'ai faim", leur mère répondait:" Mange ta main et garde l'autre pour demain".

Le soir où le petit Poucet et ses frères arrivèrent chez eux, tout bascula.

L'ogre les découvrit sous le saloir mais décida de les manger plus tard. L'ogresse les fit coucher dans un lit près de ses filles. Le petit Poucet, très malin, échangea leurs chapeaux avec les bonnets de nuit des filles. L'ogre, impatient, alla pendant la nuit couper la gorge des têtes coiffées des chapeaux et descendit aussitôt les corps à la cuisine. Prenant conscience de son erreur, il devint fou. L'ogresse se dépêcha de recoudre la tête de Marie-Léonie, sa fille préférée, mais elle la cousit à l'envers. Poucet s'enfuit avec ses frères, prit le vélo magique de l'ogre, distribua son courrier et devint son suppléant. Il rendait souvent visite aux ogres, et un jour il demanda la main de leur fille, Marie-Léonie. Elle eut sept enfants avec Poucet et pas du tout le temps de penser à ses malheurs. 

Mais depuis quelque temps, elle ne parle que de sa cicatrice et de son passé, elle ne se sent pas bien dans sa peau. Poucet, lui, veut qu'elle cache sa cicatrice et qu'elle arrête de ressasser le passé. Si elle veut partir, qu'elle " dégage".

La conseillère écoute leur histoire, s'interpose lorsqu'ils veulent se battre, leur parle de la responsabilité qu'ils ont envers leurs enfants. Elle constate qu'ils ne s'écoutent pas, qu'ils s'insultent réciproquement et qu'ils sont prêts à se séparer.

Alors elle les conseille de faire chacun un petit effort pour se faire plaisir: que Marie-Léonie mette un ruban pour cacher sa cicatrice et que Poucet, lui, fasse un petit clin d'oeil quand il la voit triste. "L'amour est la meilleure pommade pour guérir les cicatrices du passé ", dit elle.Enfin ils s'en vont contents; la conseillère les entend même bécoter.

Entre, ensuite, Barbe bleue; Peau d'Anne téléphone pour prendre un rendez-vous et puis enfin les derniers clients sont: le prince avec sa Cendrillon. Madame Zonzon les pousse dehors; elle a de l'inspiration pour écrire un conte de fées. Est-ce bien ce conte, cette version moderne de Petit Poucet?