Révision brevet 1 : ensemble des nombres
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Me voilà , moi papillon devant une vitrine où le monde marin s'invente une poésie nouvelle. Pour en saisir toute l'âme la voix de Daniel nous invite à guider notre regard dans un voyage vertical : du sol vers l'arrière plan, avant de s'élever vers les hauteurs. Au sol , un lit de galets minéraux repose silencieusement , ancrant l'oeuvre dans la mémoire de la terre. C'est de ce rivage de pierre que surgissent " Roméo " et " Juliette " : deux poissons de cristal massif, façonnés à Murano par la prestigieuse manufacture Marco Polo. Leurs corps irradient de poussière d'or éclatante et intemporelle comme l'amour des amants de Vérone.
En arrière plan , suspendue comme un mirage au-dessus de cette mer minérale, se déploie une mosaïque en relief signée Regis Fito. Cet artiste réputé pour ses compositions graphiques et texturées en verre fusionné, fait ici vibrer la matière en volume. Comme un écho secret à la tapisserie de Pinet de Gaulade , le verre se fait ici textile , et la mosaïque devient un tissage de lumière. Sur un fond noir intensément contrasté aux formes ondulées , miroitant de bleu, de vert et de mauve , se dessinent deux autres poissons disposées en tête-bêche.
L'un plonge vers les abysses tandis que l'autre remonte vers la surface , évoluant au milieu d'un décor de murines et de tesselles qui forment un arc-en-ciel de bleu, de rouges de jaunes . Leurs queues en demi-arcs opposés se terminent par deux cabochons vibrants- oranges pour l'un, bleus pour l'autre- dont les courbes se répondent dans un mouvement parfait d'une spirale continue.
Cette position en tête-bêche est hautement symbolique : c'est la représentation astrologique universelle du signe des Poissons, évoquant la dualité de l'existence et le mouvement perpétuel du cycle de l'eau.
L'eau et moi, et moi, et moi... c'est la vie , mais , c'est pas amitié ! d'un battement d'ailes je m'envole vers le nouvel épisode 19 du conte ART en Bourboule.
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Mes ailes de nacre me ramènent une nouvelle fois sur les hauteurs de la mezzanine. Violette nous montre une création d'une force dramatique saisissante signée par la plasticienne Corine Bresquignan : "Braseritz de Oro" qui évoque l'habit de lumière du toréro. Devant nous se dresse un buste majestueux de 75 cm qui capture instantanément le regard. C'est une mosaïque vibrante de verre chiné sur laquelle l'artiste a patiemment serti les célèbres pâtes de verre de la Maison Albertini, héritière directe des plus grands secret de Murano. A cette marqueterie de feu, elle a mêlé des éclats de perles et des rivières de paillettes qui scintillent à la moindre lumière.
L'oeuvre respire le sacré et le mouvement. Le torse impérial porte deux épaulettes richement brodées et se drape , avec une infini noblesse , dans une authentique cape de travail ayant appartenu à Ramon Ortega peint à la main par Laurent Arpinon à la fin des années 90. Dans cette alliance unique, la mémoire du genre théâtral s'unit pour l'éternité au verre fusionné.
C'est un habit chargé de destins et de noms gravés dans les mémoires et si l'arène de la tauromachie divise en partisans ou détracteurs, l'art lui, transcende le conflit pour n'en garder que la beauté tragique.
Moi, humble papillon , je ne fréquente guère les taureaux... Alors je prends mes distances...pour être des vôtres pour l'épisode 18 du conte ART en Bourboulie.
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Je suis en bas dans l'antre des récits de Daniel. Mais pour percevoir l'oeuvre du moment, je prends de la hauteur pour me trouver face à une tapisserie magistrale " Le Coq " signée Jean Pinet de Gaulade. Pinet de Gaulade était un ascète de la matière, qualifié de " trappiste de l'art " en raison de sa vie quasi-monacale et de sa profonde spiritualité. Ce visionnaire a révolutionné l'art textile en inventant ce procédé unique : le lissé-orné . Véritable travail de haute couture et de marqueterie, sa technique consiste à assembler de la soie, de velours, des brocards précieux, de la laine fine et des fils d'or , rehaussés de broderies délicates . Pour donner vie à ses compositions, l'artiste confiait ces assemblages minutieux aux moniales d'un couvent, gardiennes d'un savoir faire ancestral invisible. Ce partenariat sacré a insufflé à ces lissés- ornés une âme vibrante, presque mystique, où chaque point de fil devient une prière.
Mais pourquoi avoir choisi la figure du coq? Daniel nous explique d'une voix captivante : parce que le coq est le symbole universel de la vigilance, il est celui qui annonce la lumière renaissante après les ténèbres . Ici, sur cette trame de velours et d'or , il chante l'aurore d'un art textile sacré, né sous les doigts du créateur comme un doux sortilège. Pour s'impregner de sa philosophie , Daniel retient l'ultime profession de foi de l'artiste : " créer c'est tout simplement ouvrir ,chaque matin , des yeux d'enfant, au grand secret de la vie . "
Moi , je cligne des yeux de tant de plaisir à écouter et voir. A plus, pour l'épisode 17 du conte ART en Bourboulie .
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Quinze ans déjà !Quinze années durant lesquelles, contre vents et marées, le "UN" granitique de Daniel et le "UN" cristallin de Violette se sont additionnés pour donner ce "UN" du musée -citoyen- des arts verriers , phare d'art et de lumière en Bourboulie.
Pour honorer cet anniversaire, moi papillon, je vais offrir à nos guides une chorégraphie de regards sur deux oeuvres ,se répondant d'une voix à l'autre.
Mon premier envol me porte en mezzanine là, où Violette nous invite à regarder " La maison de la Mer" , une oeuvre de Jean-Claude Ourdouillie , maître de la pâte de verre et du thermoformage . Cet explorateur des éléments sculpte de véritables habitats poétiques ...
Mais , à tire d'ailes, le ressac de l'art me mène en bas. Là Daniel parle du maître franco-tchèque Milan Schamschula, virtuose de la géométrie parfaite et des contrastes chromatiques. Daniel présente son oeuvre " Histoire d'O" qui est un clin d'oeil au célèbre et sulfureux roman érotique de Pauline Réage...
Dés lors les dialogues se nouent d'écho en écho.
Violette murmure : "regardez ce bleu intense, il évoque l'univers marin profond. Les trainées translucides , semblables à des voiles , donnent l'illusion que la maison abrite le mouvement des vagues et le souffle du vent dans la voilure"...
Le va et vient continue. Une couronne incomplète dessine la courbe du "O" tandis qu'un triangle jaune introduit une géométrie stricte. Ce jaune vif venant percer le bleu est une métaphore saisissante du rapport entre force et désir...
La demeure repose sur trois pilotis d'une table polygonale signée Hiroshi Yamano, dont la surface est l'océan. C'est un poème visuel sur le refuge humain en milieu marin...
Posé sur un socle, conçu par le magicien de Murano, Eros Raffael. Un monolith massif de verre en fusion d'un bleu sombre. Poser l'oeuvre aérienne de Schamschula sur cette base rectangulaire et dense crée un équilibre , une harmonie parfaite, entre le poids et le songe...
J'ai brûlé quelques calories !
Rendez vous pour le prochain épisode 16 du conte " Art en Bourboule" .
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L'émotion fait encore vibrer mes ailes de papillon alors que je retrouve les hauteurs de la mezzanine. Près d'une tour d'échecs monumentale en émaux de Briare façonnée par un artisan d'exception se tient Violette. Elle s'apprête à nous dévoiler les secrets des pièces posées sur le damier de marbre. ,
Elle nous conte une oeuvre iconique de l'artiste Stani Jan Borowski . Devant nous , sculpté dans un verre massif, travaillé à chaud , se dresse un couple impérial : " King & Queen ". Les deux monarques partagent un destin unique, soudés l'un à l'autre par un grand coeur rouge sombre, symbole d'un amour éternel et fusionnel. Ce coeur est leur bouclier garant d'une défense mutuelle et indéfectible face aux assauts adverses.
Elle nous conte ensuite les trois créations de Vlastimil Jancek, virtuose du verre optique et de la taille à facettes. Là , le travail est minimaliste, géométrique et architectural. Regardons le " Fou" paré de verre d'un bleu profond qui capte la moindre lueur, au-dessous une nappe de verre noir qui apporte une profondeur graphique, reposant sur une masse de verre transparent. Cette pièce , fine et élancée , telle une flèche prête à fendre l'échiquier en diagonale. Regardons , ensuite deux " Tours ", l'une rouge, l'autre bleue matérialisant la dualité chromatique du jeu d'échecs. Leurs formes cubiques , aux larges entailles emprisonnent la lumière pour mieux les sculpter. D'autres cases du damier sont occupées par des pions avec une base en verre surmontée d'un oeuf de bois, à la Dali, serti de décorations métalliques.
Sur cet échiquier , la partie est toujours gagnante : l'art fait ECHEC au temps et ne dit pas MAT à la beauté.
Rendez vous pris pour l'épisode 15 du conte ART en Bourboulie où sera question des 15 ans d'exostence du musée.
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Quittant la mezzanine , mes ailes de papillon me mènent vers la voix de Daniel. Ses mots sont pour conter une oeuvre née des mains de deux géants de Murano : le prestigieux Gino Cenedese et le "Michel Ange " du verre Pino Signoretto, capable de sculpter la matière massive à chaud avec une virtuosité divine.
L'oeuvre est SALOME.
Son corps de verre massif, délicatement soupoudré d'or possède une texture intemporelle , puisque sacrée, Un voile bleu pailleté d'éclats dorés, s'enroule autour d'elle comme un ruban de lumière , s'élançant de ses pieds pour s'envoler bien au-delà de ses bras levés.
Daniel nous commente ce miracle de feu : une prouesse technique absolue; pour figer la silhouette il a fallu refroidir le corps de cristal juste assez pour qu'il garde sa forme, tandis qu'un assistant , en bout de canne menait une masse de verre brûlante et fluide : en quelques secondes , d'une célérité incroyable , le maître a étiré ce ruban à la pince, défiant le temps et la gravité.
La mythologie biblique raconte que Salomé retira ses 7 voiles un à un , devant le roi Hérode , dans une danse d'une sensualité hypnotique . Ici, la sculpture ne laisse que le dernier voile, les autres sont à son pied. C'est le moment paroxystique où le tissu de verre semble s'envoler , devenant une liane de clarté guidant notre regard du bas vers le haut.
Le contraste entre ce pied figé sur un socle, carré , massif, noir et ce corps de Salomé scintillant d'or s'élevant vers la lumière de la vitrine en une rotation lente du support...
Mon imagination de papillon m'invite à penser que ce septième voile aura l'art de synchroniser sa chute progressive avec celle de Salomé, comme le clap de fin d'un "END" au Septième Art.
A bientôt pour poursuivre ce récit " papillonnesque " dans l'épisode 14 du conte ART en Bourboulie.
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Me voici de retour sur la mezzanine, là où Violette tisse des mondes avec des mots. Son récit m'enveloppe et m'emporte loin de La Bourboule, sur les traces du verre fusionné et émaillé, là où la peinture narrative devient à la fois textile et graphique. Devant moi se dresse " CACHEMIRE " une oeuvre magistrale de la verrière ANNA ELIAS.
Tout commence par un souffle. Une silhouette de vase persan prend forme , d'une couleur bleu foncé qui rappelle la pureté d'une nuit d'Orient. Sur cette toile de verre , Anna Elias peint , dans un émail texturé , des arabesques serrées en forme de feuilles de cyprès courbées qui imitent avec une finesse exquise les broderies indiennes les plus précieuses.
Chaque teinte choisie par l'artiste est une escale sur la route de la Soie. L'or y brûle pour évoquer la lumière et la richesse , le bleu clair y symbolise l'immensité de l'eau et du ciel diurne, le rouge y éclate comme un hymne à la passion et à l'amour. En cette farandole de couleurs , le blanc y brille pour une multitude de picots comme des étoiles.
Le bord sommital du vase , parfaitement plat, est cerclé de rondes de petite points représentant fidèlement chaque nuance d'émail utilisée par l'artiste.
Devant tant de beauté , le simple visiteur que je suis prêterait volontiers mes ailes à Anna, pour qu'elle me vête , le temps d'un vol, d'un cachemire issu des Contes de Mille et Une Nuits.
Rendez vous est pris pour l'épisode 13 du conte ART en BOURBOULIE.
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Me voilà toujours papillon, planant au rez-de chaussée, là où Daniel insuffle la vie au secret de la matière. Aujourd'hui son récit ranime l'esprit d'un géant : le maître verrier JEAN-CLAUDE NOVARO.
J'apprends , au gré des mots, le destin de cet adolescent entré apprenti à 14 ans à la verrerie de Biot auprès de Eloi Monod, pour devenir en quelques années seulement maître verrier , avant de fonder son propre atelier . Un génie précoce, dont les mains allaient dompter le feu.
Daniel présente deux flacons , l'un s'élance à 50 cm de hauteur , l'autre plus discret , n'en mesure que la moitié. Ils hébergent une innovation majeure de l'artiste : la LUMINESCENCE.
Pour réussir ce prodige , Novaro a agit en alchimiste . Il a emprisonné , entre des couches de verre brûlant , des poudres d'oxydes et des aluminates de strontium, dopés à l'europium - une véritable " ordonnance médicale " de physicien !
Le jour , ces poudres " luminescentes " s'abreuvent de la clarté , excitant les photons. La nuit, elles restituent cette énergie accumulée sous la forme d'une lueur visible. C'est le verre qui veille.
Daniel soulève le plus petit flacon dans ses mains gantées. A la lumière , le verre transparent révèle une multitude de points blancs , comme une constellation endormie qui attend la nuit. Il nous montre ensuite une photographie , celle des deux flacons capturés en pleine nuit, une clarté jaune-vert qui défie les ténèbres jusqu'au matin.
Daniel cite Zola : " Il y a deux personnes dans un artiste , le poète et l'artiste. "
Nous avons évoqué ci-dessus le poète, évoquons l'artisan capable de façonner un bloc de verre monumental de près d'une demi tonne pour l'aéroport de Nice dont la recuisson , dans un four sur mesure , a nécessité plusieurs semaines.
Avec nostalgie Daniel exprime son regret de n'avoir pas fait l'effort d'une rencontre avec Novaro quand le destin lui en offrait la chance.
Moi, " Fleur sans tige, qui voltige " comme le murmurait Gérard de Nerval, je déploie mes ailes pour aller vers un nouveau rendez vous , celui de l'épisode 12 du conte ART en BOURBOULIE.
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" Déconstruire pour construire , "quête infinie pour que l'oeuvre, enfin, soit enchantement...En entendant Daniel dire ces mots, en bas, j'ai applaudi des deux ailes, avant de m'élever d'un souffle vers la mezzanine.
La-haut , Violette parle de liberté , d'expérimentations , d' amour vibrant pour les couleurs et leurs reflets. Elle nous parle de Jean-Paul van Lith- céramiste, peintre, verrier. Devant nous, une armada de cinq sculptures de bateaux. Cinq vaisseaux immobiles qui symbolisent, au fond, notre plus beau voyage intérieur.
Violette nous invite à observer la matière. On y devine la main de l'artiste: les traces volontaires de pinçage, de torsions, les pulvérisations à chaud de poudre d'oxydes qui parent le verre d'une pellicule métallique aux reflets nacrés. C'est là toute la magie de Van Lith.
Pour lui donner vie, Violette convoque les mots du créateur, qui est aussi écrivain : " Moi j'aime l'échec, le hasard, la rigueur, la remise en cause incessante, le doute , la réussite, le jeu, l'aisance. Que les autres , par leur regard, décident ; ce n'est pas mon problème . Bon ou mauvais, c'est ma vie qui avance. "
Mon regard de papillon s'arrête sur l'un de ces navires. Posé sur une plaque de verre curviligne, il balance doucement au moindre effleurement, comme s'il tanguait au gré des flots. Van Lith écrivait en 1991, à propos de ce type de navire : " La barque solaire passe...sur le Styx. Mais le rameur rame-t-il avec des faux? Et un dollar en argent suffit il sous la langue pour payer la navigation de notre passage ? "
Un dernier regard sur cette armada de bricks et de broc et je savoure l'ultime impertinence de l'artiste : " Quel plaisir de refaire le monde. Tous les jours. Tous les jours piège à cons pour ceux qui ne comprendront jamais."
Rendez vous est pris pour l'épisode 11 d'ART en Bourboulie...