Révision brevet 1 : ensemble des nombres
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" Déconstruire pour construire , "quête infinie pour que l'oeuvre, enfin, soit enchantement...En entendant Daniel dire ces mots, en bas, j'ai applaudi des deux ailes, avant de m'élever d'un souffle vers la mezzanine.
La-haut , Violette parle de liberté , d'expérimentations , d' amour vibrant pour les couleurs et leurs reflets. Elle nous parle de Jean-Paul van Lith- céramiste, peintre, verrier. Devant nous, une armada de cinq sculptures de bateaux. Cinq vaisseaux immobiles qui symbolisent, au fond, notre plus beau voyage intérieur.
Violette nous invite à observer la matière. On y devine la main de l'artiste: les traces volontaires de pinçage, de torsions, les pulvérisations à chaud de poudre d'oxydes qui parent le verre d'une pellicule métallique aux reflets nacrés. C'est là toute la magie de Van Lith.
Pour lui donner vie, Violette convoque les mots du créateur, qui est aussi écrivain : " Moi j'aime l'échec, le hasard, la rigueur, la remise en cause incessante, le doute , la réussite, le jeu, l'aisance. Que les autres , par leur regard, décident ; ce n'est pas mon problème . Bon ou mauvais, c'est ma vie qui avance. "
Mon regard de papillon s'arrête sur l'un de ces navires. Posé sur une plaque de verre curviligne, il balance doucement au moindre effleurement, comme s'il tanguait au gré des flots. Van Lith écrivait en 1991, à propos de ce type de navire : " La barque solaire passe...sur le Styx. Mais le rameur rame-t-il avec des faux? Et un dollar en argent suffit il sous la langue pour payer la navigation de notre passage ? "
Un dernier regard sur cette armada de bricks et de broc et je savoure l'ultime impertinence de l'artiste : " Quel plaisir de refaire le monde. Tous les jours. Tous les jours piège à cons pour ceux qui ne comprendront jamais."
Rendez vous est pris pour l'épisode 11 d'ART en Bourboulie...
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Une étrange dualité se fait jour. Tandis que mon corps de visiteur Lambda écoute Daniel au rez de chaussée, mon esprit -papillon à l'étage s'affole. Le sens de la visite en mezzanine m'a invité à voler du bleu de l'hiver vers le vert du printemps. . Mais j'effectue un looping inversé dans le désir de remonter le temps.
Je vole à contre-courant des saisons allant du bleu-hiver au violet-automne , puis du jaune-été au vert -printemps et dans un vertige chromatique bleu violet jaune vert bleu violet...mes battements d'ailes effacent les années. Soudain , ce voyage temporel me projette au temps où gamin je lisais le Grand Meaulnes d'Alain Fournier.
Etourdi, je chois dans ma propre chevelure de rouquin , en bas, à portée de la voix de Daniel qui commente une peinture pop-art signée Falco, représentant l'icône d'une jeunesse rebelle : James Dean. Un flash fait écho à mes propres souvenirs de rébellion et me projette dans la scène culte du film "La fureur de vivre " aux côtés de Jim, Judy et Plato le gamin aux chaussettesdépareillées, l'une rouge et l'autre bleue.
Je reprends conscience de ma fragile condition pour éviter que la main de Lambda balayant le sommet de sa tête, manque de peu d'écraser le papillon invisible que je suis.
Le guide présente l'oeuvre de Jean-Pierre Seurat datée de 1994, " Personnages fantastiques " et l'oeuvre "La Diva " création du duo Elisabeth Decobert -Francis Bégou, datée de 1994. Dans ces oeuvres le verre y est saturé de bleu, de jaune , de rouge et de vert. Le guide présente le grand totem de 90cm de hauteur conçu de manière modulaire en 3 sections qui se vissent : un véritable tour de force.! Nicolas Laty revendique un naturalisme naïf et ludique dans l'univers de Pop Art. Ensuite le regard se pose sur la voiture bleue et son personnage aux yeux " à la Picasso " de Scott Slagerman.
Viennent enfin 2 moulages en résine: celui de Frédéric Truteau " Mannekin Pis ou Coca-Cola " de la série : syndrome d'influence, au jet d'urine jaune, couleur pastis - Truteau est né à Marseille-représente la réponse de la vieille Europe " à l'impérialisme américain ", et, celui de Sagasse intitulé " Escape " , allégorie de la métamorphose de la JEUNESSE allant vers l'âge adulte.
Dur moment pour un papillon mais quelques mouvements de yoga me mettent au top pour l'épisode 8) du conte ART en BOURBOULIE.
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Je me tiens toujours sur la mezzanine, invisible, aux côtés de la guide. De son geste élégant , elle désigne aux visiteurs les quatre angles de cet espace, introduisant ainsi la thématique des prochaines oeuvres : la ronde éternelle des Quatre Saisons.
Dans le premier angle gîte l'Hiver. Mon regard de papillon frôle le vitrail du maître verrier Serge Elphège. Mais la guide murmure : " Aucun commentaire pour cette pièce, l'artisan fut avenant avant l'achat, mais l'artiste s'est révélé décevant après..." , Le silence se fait l'écho de sa désillusion , et elle se détourne aussitôt vers la vitrine d'en face.
Là, deux oeuvres majeures se font un écho saisissant. La première est une allégorie de l'Hiver, créée par Raymond Corbin, pour la célèbre cristallerie Daum dans les années 1969-1970. Façonnée dans une pâte de verre d'un bleu cobalt monochrome, elle matérialise le froid et la glace. Une femme chaudement vêtue , serrant son enfant contre elle incarne la vulnérabilité humaine face aux éléments, tandis qu'un arbre dépouillé symbolise la nature en dormance.
Tout près la création de Denise Geisen répond à la série Daum. Dans ce bloc de cristal optique , le noir des émaux et la délicatesse de la feuille se heurtent en un contraste saisissant. Cet hiver là donne à voir un arbre dénudé aux teintes gris bleuâtre. Certaines branches , émaillées d'un blanc vif , évoquent le mordant du givre, tandis que la brillance des éclats d'or murmure que la lumière solaire est déjà là, en attente. La proximité de ces deux oeuvres rappelle que l'humain et la nature vivent en parfaite symbiose au fil du temps.
Moi, infatigable papillon , je me hâte pour allez saluer le Printemps comme Charles d'Orléans : " Le temps a laissé son manteau / De vent de froidure et de pluie / Et s'est vêtu de broderie / De soleil luisant clair et beau". "
Mon vol s'attarde dans cette symphonie de verre et de mots, mais je vous promets de revenir tout près de Daniel pour le 7eme épisode de notre conte : ART en BOURBOULIE.
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Un tourbillon descendant me ramène irrésistiblement vers le rez- de chaussée du musée, où une explosion de couleurs captive mes sens en plein vol. Mes ailes de papillon me portent devant l'oeuvre , en forme de sphère, de l'immense artiste Miluse Roubickova, intitulée " Les couleurs de la Terre ".
Cette création magistrale , datée de 2004 ' a eu les honneurs d'accompagner en 2007 , au prestigieux Palais de Tokyo à Paris, les oeuvres des plus éminents maîtres verriers tchèques , dont les noms font rêver les amoureux du verre contemporain. La sphère repose ici sur un grand plat circulaire en verre translucide , orné d'un décor pictural aux taches polychromes. D'un geste fluide , le guide fait pivoter ce plateau ,signé Catherine Zoritchak, déployant sous mes yeux émerveillés toutes les coulées chromatiques dont notre terre est si riche.
Comme un écho à cette symphonie visuelle, le guide nous invite à observer l'oeuvre voisine : la " Clarinette " , façonnée par le souffle de René Roubicek , l'époux de Miluse . Issu d'une célèbre série des années 80 inspirée des instruments de musique, ce cristal vibrant rappelle que René était lui même musicien de jazz talentueux. Attardons nous sur ses propos confidences concernant le travail de verrier : " Lorsque je créais des sculptures en verre , je veillais toujours à privilégier le verre à ma propre gloire, afin qu'il puisse accomplir sa mission et que je puisse être un témoin heureux des miracles qu'il réalise ".
Là où Miluse sème la couleur, René sculpte le son. Un DUO en BOHÊME , où l'art et l'amour se conjuguent au présent, en ce musée.
Ne soyez pas impatients , laissez moi encore butiner d'autres oeuvres pour l'épisode 6) du conte ART en BOURBOULIE.
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Me voilà simple visiteur parmi tant d'autres, prêt à suivre le fil de la visite avec les commentaires éclairés de Daniel. Il s'agit de la plus ancienne des légendes celle de la perte du Paradis. Devant moi , à partir d'une oeuvre authentique de l'art pop intitulée " Adamo e Eva ", signée David Cocozza, s'anime une mise en scène fascinante: Adam prend les traits d'une sculpture en malachite , fidèle reproduction de l'éblouissant Héraclès archer de Bourdelle. Eve, quant à elle resplendit sous les pinceaux de Falco, qui lui prête le visage pop-art d'une troublante Brigitte Bardot. Dans l'ombre deux serpents cobra en cristal Baccarat- l'un d'une pureté translucide, l'autre paré d'éclats d'or.-dressent leurs silhouettes tentatrices. Ils guettent une pomme de Daum, transpercée de part en part par le carreau de l'arbalète de Guillaume Tell.
Tandis que le guide commente ces merveilles, mon regard glisse un peu plus bas, attiré par une mystérieuse inscription ; " L'Effet papillon ". C'est cette célèbre métaphore de la théorie du chaos , imaginée par le météorologue Lorenz :" Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ". Une pensée scientifique, qui fait écho à celle de Blaise Pascal: " Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.". Une pomme croquée , et le Paradis est perdu.
Trois papillons sont agrafés à cette inscription . Je les fixe avec intensité. Soudain, un frémissement simultané agite leurs ailes...Est-ce une hallucination ? Je détourne les yeux vers la sculpture , baptisée " LIVE YOUR DREAM ". Nouveau choc : je vois deux petits papillons dont les ailes vibrent simultanément.
Suis-je devenu le jouet de l'une des fées de La Bourboule, de celles qui, d'un coup de baguette magique , firent autrefois jaillir les eaux thermales de la roche? Est-ce la réminiscence d'une vie antérieure de papillon ou une vie future en papillon? Ce sortilège va-t-il durer pendant les deux heures de visite?
Pour le savoir , à bientôt pour l'épisode 4 du conte ART en BOURBOULIE . D'ici là, abonnez vous à mon compte @ariavio55 et laissez l'effet de halo opérer...
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Pas la moindre signalétique dans les rues de La Bourboule, concernant le musée -citoyen- des Arts Verriers. Après quelques errances , me voilà enfin, moi, visiteur Lambda, devant l'entrée.
Sur le seuil, une citation de Buzzati m'interpelle : " La vie est quelque chose de splendide , le monde est un lieu enchanteur. On y trouve les prairies, les forêts, les fleurs, le ciel, le soleil, les nuages, les étoiles, la lune. As-tu vu la mer? As-tu vu les montagnes? N'es-tu jamais entré dans un musée ? .." C'est une invitation poétique à choisir entre la Nature au Parc Fenestre ou la Culture au Musée .
La porte de la rue est grande ouverte , je ne peux résister à ce clin d'oeil trop prégnant...
Dans le hall, des vues de quelques oeuvres et une phrase de Thoreau : << Ce n'est pas ce que tu regardes qui compte c'est ce que tu vois >> .Elle résonne en moi comme un écho à la phrase de Gide : << Que l'important soit dans ton regard et non dans la chose regardée. >> . Ce "Tu" et ce "ton " me mènent à penser que le ressenti face à l'art est un voyage intime .
Je toque enfin, pour entrer dans l'antre du musée. Là , mon regard est immédiatement aspiré par une sculpture de l'artiste suédois Mats Jonasson. C'est un assemblage fascinant de cristal et de fer s'élevant sur un socle en chêne, le tout d'une trentaine de cm.
. Une dissymétrie accentuée me rappelle aussitôt les portraits de Picasso.
Mais cette sculpture me conte une histoire : celle de cette terre d'Auvergne qui héberge le musée. La partie fer devient l'incarnation même du Massif Central, avec ses lignes sombres de fractures tourmentées et sa couleur cuivrée de fusion qui évoque la puissance brute de la lave. Son oeil noir en creux est celui du volcan endormi, gardien du passé de cette Terre.
A cette force tellurique répond la pureté du cristal. Il représente les petits lacs secrets du massif, aux surfaces lisses et transparentes. C'est là que le soleil vient s'éteindre , irisant ces miroirs de nuances rosées, au plus profond, en un oeil intensément lumineux.
Faut -il procéder par un double regard pour apprécier cette oeuvre au travail si distinct: meulage pour le fer mais moulage , peinture polissage pour le cristal? Où peut-on en un seul regard embrasser la sculpture , sans se soucier de techniques d'usinage, se souvenant de Saint Exupéry disant : << on ne voit bien qu'avec le coeur >> ?
Les guides , Violette et Daniel m'invitent chaleureusement à me joindre au " le fil de la visite " qui va prendre son élan. Je me soumets pleinement à leur injonction et les observant s'éloigner .. j'imagine Daniel personnage de fer , Violette de cristal .
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Il était une fois , au coeur de l' Auvergne et du Massif du Sancy, une ville thermale nommée La Bourboule. Si vos pas vous y mènent un jour, vous y découvrirez deux trésors incontournables: les allées verdoyantes du Parc Fenestre et un lieu secret né d'un rêve, le Musée d'Art Verrier.
Ce trésor muséal a pour genèse une histoire d'amour. Celle d'une femme venue de Roumanie, éprise de lettres et d'un homme de France, passionné d'art. Tous deux , professeurs de mathématiques ont toujours nourri leur quotidien de la beauté des oeuvres d'art.
Un jour , vint le temps des " grandes bouffées "de liberté . C'est alors que germa dans leur esprit l'idée de transformer leur collection en un espace " ouvert de partage .
Cet espace s'est déterminé sur deux fortes convictions. L' une , conjugue le propos du révolutionnaire Bakounine << L'uniformité c'est la mort, la diversité c'est la vie>> , avec celui du verrier Chihuly << Un musée d'art contemporain ne peut se résumer à un matériau, un artiste, ou un pays >>. L' autre ancrée en eux, est celle du mot d' Eluard : " Par le pouvoir d'un mot / Je recommence ma vie / ... Liberté ".
Cette liberté avait un prix : faire éclore ce projet sans un seul euro d'argent public, sans mécénat.
Leur quête de l'espace fut longue. Mais en 2012 , le destin les mena à la salle de restaurant de l' ancien hôtel " Le Splendid " . Un volume magistral de cinq mètres de hauteur était scindé par une mezzanine : en haut la splendeur des moulures d'époque; en bas la chaleur d'un parquet en chêne.
L' éclosion de ce Musée d'ART en BOURBOULIE fut un véritable " choc culturel ": bon nombre de Bourbouliens n'ont pas encore voulu en franchir la porte.
Mais ... Victoire ! La ténacité a payé. En cette année 2026, leurs 15 années d'efforts ont propulsé le musée dans le Guide Michelin avec une étoile, dans le Guide du Routard, sur la Route du Verre créée en 2022 lors de l'Année Internationale du Verre , et sur les écrans de France 3 Auvergne.
Aujourd'hui l'histoire continue. Toquez à la porte de ce musée pour vivre pleinement une visite avec " l'effet de halo " : entourez- vous de belles choses et certaines d'entre elles déteindront sur vous . A bientôt pour l'épisode 2 du conte ART en BOURBOULIE .
Pour suivre cette odyssée au fil du hasard, abonnez-vous à ce compte Instagram ariavio55 .
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Quelques étirements légers, un salut discret au soleil et me voilà en mezzanine auprès de Violette . Elle volubile, les gestes amples et prête à rire aux éclats ; ses commentaires seront pour Borek Sipek, surnommé à juste titre " l'aristocrate du DESIGN ". Son travail signe la rupture totale avec le minimalisme fonctionnel. Gendre de Miluse et René - les maîtres verriers dont Daniel a parlé à l'épisode 5 - Sipek a hérité d'eux cet amour visceral du verre.
Mon regard de papillon se pose d'abord sur la coupelle "Apollo " . C'est une demi Sphère de cristal délicatement satinée , presque lunaire. Tout autour d'elle , une constellation de picots métalliques s'étire vers l'extérieur pour venir ceindre de cristaux de Swarovski. Taillés en facettes étincelantes , ils déploient leurs feux de pierre précieuse : améthyste, émeraude, saphir et rubis. Sous le projecteur de la vitrine un dialogue magique s'instaure entre la matité soyeuse de la coupelle et le scintillement pur des cristaux. Une oeuvre céleste qui transforme la coupelle en joyau d'apparat.
Puis, mes yeux glissent vers le pichet anthropomorphe au bouchon rouge . Le corps de la pièce soufflé-moulé pour l'apparition de bulles d'air à l'alignement parfait, est d'une transparence absolue. Son col s'évase dans un mouvement asymétrique évoquant la corolle d'une fleur exotique . Une anse au deux pointes de verre étirées, vient alléger et dynamiser sa silhouette élancée . Quant au bouchon sculptural en verre creux , il arbore fièrement quatre cornes de couleur rubis telles les épées de nos mousquetaires préférés. L'une s'imbrique gracieusement dans le bec verseur, deux autres prennent appui sur le bord du pichet alors que la quatrième , flamberge au vent, s'élance vers le ciel à la d'Artagnan. Pour parfaire cette mise en scène résolument néo-baroque , quelques pétales de rose rouge dans le corps du pichet viennent renforcer les éclats rubis du bouchon.
Moi, papillon aux ailes repliées , je vais du haut d'un lustre faire le plongeon, en espérant que le déploiement de mes ailes sera avant la mort de sérieux aérofreins.
A bien tôt , peut être ... pour l'épisode 9 du conte ART en BOURBOULIE.
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Bonjour à toutes et à tous.
Suivez moi dans mon Château de Verre pour un voyage au fil des saisons. Je vous invite aujourd'hui à entrer dans le silence de l'hiver.
Devant nous, nous avons un vitrail contemporain réalisé par l'artiste verrier français Serge Elphège.
Traditionnellement, un vitrail est une composition de morceaux de verre coloré assemblés par un réseau de plomb. Serge Elphège reprend cette technique ancestrale, mais il la réinvente. Il la libère des codes classiques en y intégrant des objets du quotidien, détournés de leur fonction première.
Observez bien: une patère, une poignée bouton, une loupe circulaire, une demi sphere de verre moulé, ainsi qu'une autre autre demi-sphère soufflée, creusée à l'intérieur. Que représentent -elles? . Une goutte de glace? Un oeil posé sur l'hiver? A nous d'imaginer.
Le vitrail est rectangulaire et s'achève dans sa partie supérieure par 5 découpes arrondies qui adoucissent sa silhouette et évoque presque un paysage enneigé.
Cette oeuvre intitulée Hiver, traduit le calme de la saison, le gel, la délicatesse des cristaux de glace et le repos de la nature.
Pour représenter l'hiver, Serge Elphège joue avec les couleurs et les textures des verres. J'ai compté 36 morceaux de verre. Ils composent une palette où se répondent le bleu azur, le violet nuit, le rouge , le blanc opalin, le verre incolore et même le noir.
Quant aux textures , quatre morceaux de verre martelé évoquent le givre qui recouvre les paysages. Trois pièces de verre Delta , avec leurs lignes fines et irrégulières , me font penser aux branches dépouillées des arbres.
Enfin, tout en bas du vitrail deux morceaux de verre strié attirent mon regard. J'avoue ne pas comprendre l'intention exacte de l'artiste. Peut-être suggèrent ils les traces laissées par le vent sur la neige. ..
Ce vitrail ne se contente pas de représenter l'hiver , il nous invite à le ressentir.
A demain pour un nouveau voyage dans mon château de verre.